Bon, tout est parti d'une digression dans les commentaires d'un billet du blog de [moi] à propos du verbe « paître » bien connu des sympathiques animaux ruminants dont le passe-temps préféré est de regarder les TGV battre des records de vitesse... mais voilà que je disgresse à mon tour. Cette disgression - celle du blog de [moi], pas celle que je viens de provoquer - mena à d'intéressantes et humoristiques discussions, cependant empreintes d'une certaine culture. Las, ladite disgression ne fût pas du goût de la maîtresse des lieux, qui la voyant prendre de l'importance lui coupa le sifflet, en fermant le fil de commentaires qui lui servait de support.

Or, j'étais à ce moment même en train de rédiger un commentaire destiné à livrer quelques éléments recueillis dans des ouvrages se trouvant chez moi, et pouvant éventuellement éclairer le débat. Alors que je postai ce commentaire, une page d'erreur apparût, m'annonçant la fermeture du fil de discussions auquel il était destiné. Diantre ! Est-ce que ces informations cruciales devaient finir dans l'oubli ? Que nenni ! Je me souvins alors que je possédais moi-même un espace de publication personnelle sur le web sous la forme du présent blog, et me voici le tirant d'une léthargie prolongée pour rédiger ce billet.

Voici donc les quelques informations récupérées, non pas qu'elles aient un intérêt capital, mais c'eût été dommage qu'elles fussent perdues. Concernant le mystérieux participe passé du verbe « paître », nous avons donc :

- Le Larousse de la Langue Française « Lexis », édition 1979, me propose « pu » comme participe passé de « paître ». Par contre, il est précisé que cette forme ne s'emploie qu'à propos de la fauconnerie. Eh oui, les faucons paissent aussi, mais apparement c'est à leur propos uniquement qu'on peut utiliser le participe passé de « paître », on est donc bien loin des sympathiques bovidés qui nous occupaient au début de la disgression.

- Le Nouveau Petit Larousse Illustré, édition 1953, me stipule que « paître »... n'a pas de participe passé !!! On serait donc dans une forme purement bovine là.

Ce participe passé serait-il une construction récente ? Le Lexis me précise pourtant que « paître » est apparu vers 1080 (du latin pascere) ce qui n'est pas spécialement récent. Je trouverais un peu étrange qu'on eût fabriqué un participe passé au cours des dernières décennies pour un verbe bientôt millénaire. Surtout si c'était pour le réserver au domaine de la fauconnerie, qui n'est pas non plus d'une folle modernité. Le mystère reste donc entier...

Sinon chez moi pas de trace de l'accent circonflexe pour ce mystérieux participe passé... Aucune source ne le présente.