Entendu ce soir dans la bande–annonce du film The Wrestler, de
Darren Aronofsky : le personnage principal, interprété par Mickey Rourke
(méconnaissable, pour le coup) vante les mérites de la musique des groupes
métal des années 80 (Guns 'n' Roses, Motley Crüe…) et son côté festif, puis
évoque l'arrivée sur la scène de Kurt Cobain, et combien cela a gâché la fête –
c'est vrai que la musique de Nirvana, bien que de qualité, n'était pas
particulièrement festive… Et de finir son exposé par une sentence définitive :
« Yeah, nineties sucked! »
Loin de moi l'idée d'être si catégorique quand à cette décennie, mais si je
la compare avec celle qui l'a précédée, je dois dire que j'ai un net penchant
pour cette dernière. C'est vrai que musicalement, les 80s étaient nettement
plus pêchues et festives que les 90s. Ceci dit, c'est dans les 90s que j'ai
découvert plein d'artistes que j'écoute encore aujourd'hui au quotidien, loin
des plans purement nostalgiques que constituent mes réécoutes ponctuelles des
classiques du Top 50 des 80s.
Je me demande également si la perception qu'on a de la musique d'une
décennie n'est pas intimement liée à l'âge qu'on avait. En ce qui me concerne,
les années 80 sont celles où tout a commencé, il y avait l'excitation, le
plaisir de la découverte, l'énorme appétit de vie qui allait avec. Les années
90, ça correspond plus à un âge de raison, on rentre un peu dans le rang, les
possibles s'amenuisent, on devient adulte quoi. Ça serait donc ça, la
différence de perception que j'ai de ces deux décennies. Sans compter que dans
les années 90 ma vie personnelle est partie franchement en vrille, et ce sans
l'aide de Kurt Cobain. Rattrapage aux branches en fin de décennie heureusement,
et pourvu de nouveaux bagages à faire fructifier. Mais ceci est une autre
histoire.
Ceci dit, la bande annonce de The Wrestler donne vachement envie de
voir le film. Darren Aronofsky ne m'a jusqu'à maintenant jamais déçu, bien au
contraire, et je ne peux que souhaiter que ça continue. Réponse à partir du 18
février prochain. Oh, et puis juste avant, nous avons eu droit à la
bande–annonce de Gran Torino, de et avec l'immense Clint Eastwood. Là
aussi, ça fait rudement envie, et ça sort la semaine d'après (le 25 février).
Sachant que le 11 février, il y a la sorte de Doute, match au sommet
entre l'immense Meryl Streep et le très grand Philip Seymour Hoffman (vous
noterez la gradation que j'utilise), et je crois qu'on peut dire que ce mois de
février va encore être bien occupé, d'un point de vue ciné.