Et puis pendant la journée les nuages sont arrivés. Oh, pas ces petits nuages blancs, lumineux, qui viennent l'été briser la monotonie d'un ciel trop bleu. Non, il s'agissait d'une chape de nuages gris, bas, qui a été jusqu'à cacher le ciel bleu et le soleil ; pourtant, la fraîcheur n'est pas arrivée pour autant.

En sortant du boulot, quelques gouttes bienvenues me tombent dessus. Bienvenues parce qu'apportant une touche de fraîcheur, et parce qu'elle sont assez peu nombreuses pour ne pas mouiller. Je prends mon RER, effectue le changement à Châtelet-Les-Halles, et poursuit mon chemin jusqu'à ressortir à l'Est de Paris. Il pleut, assez doucement, pas franchement. Les fenêtres du RER sont ouvertes pour procurer un peu d'air aux voyageur, et assis à ma place côté fenêtre, je reçois une goutte de pluie, puis deux, puis quelques autres. Je termine en vitesse le chapitre en cours de lecture, qui touchait de toute manière à sa fin, et range mon livre dans ma sacoche, hors de portée des larmes du ciel.

Je sors du RER à Champigny ; ici il ne pleut pas, pas encore tout du moins. Je me poste à l'arrêt du car, et vois que celui-ci attend un peu plus loin. Quelques gouttes se mettent à tomber, mais le car s'est mis à avancer vers nous, et c'est donc à son bord que nous nous réfugions avant d'être mouillés. Au sortir du car, alors que je regagne mon domicile, c'est une pluie douce qui accompagne mon chemin. Et une fois à la maison, c'est alors que…

LE DÉLUGE SE DÉCLENCHE ! Quand je parle de déluge, je n'exagère pas, en quelques minutes ce sont des trombes d'eau qui vont s'abattre sur le quartier, accompagnées d'éclairs illuminant le ciel, au son grondant du tonnerre. Il fait bon être rentré, je n'ose imaginer ce que c'est qu'être en dessous. Je me rends compte que j'ai bien fait de prendre garde à avoir ce car-là ; si je l'avais loupé, je serais en ce moment même en train de de parcourir le trajet de l'arrêt du car à mon domicile. Plus vraisemblablement, je serais planqué sous l'arrêt de car, à attendre que ça passe. En jetant un coup d'œil par la fenêtre de la cuisine, je vois qu'un cours d'eau s'est créé dans la rue ; on ne peut certes pas le qualifier de torrent, mais peut-être bien de ruisseau. Les végétaux des jardins auront leur content d'eau ce soir, pas besoin de les arroser après ça.

Et après le passage de cet orage, c'est un sentiment de délivrance qui m'envahit. L'air s'est considérablement rafraîchi, et la charge d'humidité présente tout à l'heure dans l'air gît maintenant au sol, sur l'asphalte ou dans la terre. La nuit sera douce et le sommeil paisible, contrairement à hier soir où il a eu du mal à venir. Dame Nature fait bien les choses, de nous offrir cette pause fraîcheur alors qu'il faisait si chaud. J'espère simplement qu'elle pensera à retirer la chape de nuages d'ici le week-end. Et vu qu'à quelques minutes près, j'ai échappé au déluge, si une puissance supérieur et protectrice y a pourvu, je l'en remercie.