Adieu Monsieur Bashung, et merci
Par Vincent le dimanche 15 mars 2009, 02:22 - Lien permanent
Aujourd'hui, j'ai été particulièrement attristé. Déjà par les très beaux films vus ce samedi, Harvey Milk de Gus Van Sant et Welcome de Philippe Lioret, tous deux particulièrement émouvants. Des films différents – biopic pour le premier, fiction autour d'un fait de société pour le second – mais qui se rejoignent en ce qu'ils sont tous deux de grande qualité, politiques au noble sens du terme, et – selon moi – indispensables parce qu'ils viennent nous rappeler certaines choses importantes de façon salutaire.
Mais à l'émotion distillée par ces deux films s'est ajouté une très grande tristesse en apprennant la disparition dans l'après–midi d'Alain Bashung des suites d'une « longue maladie » – toujours cette expression pudique pour ne pas désigner frontalement une certaine saloperie. La nouvelle est hélas peu surprenante ; lors de ses dernières apparitions, notamment aux Victoires de la Musique – où il avait triomphé – il y a deux semaines seulement, on avait pu le voir particulièrement affaibli et vraiment en mauvais état. La semaine précédant cette cérémonie, il avait été l'invité fil rouge de Laurent Lavige sur France Inter, dans son émission Sur la route (du lundi au jeudi de 21h à 22h). Il n'y avait que le son, radio oblige, mais on entendait dans sa voix la maladie et la souffrance. Car on le savait malade depuis de longs mois ; l'issue, ces dernières semaines, paraissait désormais certaine, et la seule inconnue c'était la durée du sursis qui lui avait été accordé.
Le rideau est donc tombé cet après–midi sur un artiste qui a marqué de son empreinte le rock en France ces trentes dernières années. Quelques tubes – Gaby, Vertiges de l'amour ou encore Osez Joséphine – de grands albums ces dernières années, et toujours, en filigrane de son parcours artistique, la recherche d'une certaine exigence musicale flirtant avec la poésie des textes de ses paroliers – en particulier Jean Fauque pour ses derniers albums.
Pour ce que vous nous avez laissé, merci Monsieur Bashung.
