À journée particulier, programme particulier. Dans le bus du retour ce soir, j'ai pensé au morceau que j'utiliserai pour entamer cette Fête de la Musique. Il ne fallait pas que ce soit n'importe quoi tout de même... Ce fut donc Being Boring, des Pet Shop Boys. Ce morceau débute leur album de 1990, Behaviour, et fut le deuxième single à en être extrait. Il n'est pas passé en radio en France à l'époque, et sans parler d'insuccès, on peut dire que son succès ne fut pas énorme au Royaume-Uni, patrie du groupe qui à l'époque y cartonnait régulièrement. On peut dire que j'étais passé totalement à côté à l'époque de sa sortie - du reste, je ne me souviens pas que ce single ait fait l'objet d'une sortie en France.

Et pourtant... je devais finalement rencontrer ce morceau en mai 1993, il y a à peine plus de 15 ans. Et ce fut un choc... un morceau dansant mais extrêmement mélancolique - c'est l'une des marques de fabrique des Pet Shop Boys, mais là ils ont poussé leur art dans ses derniers retranchements - avec une mélodie et une ligne harmonique que je trouve magnifiques, un beau texte sur le fait de vieillir et de perdre ses idéaux de jeunesse. Voilà, tout est  dit, je suis touché au cœur et dès lors, je reviendrai régulièrement vers ce morceau avec le même bonheur, le considérant à présent comme l'un de mes morceaux préférés de tous les temps.

Envie d'en savoir plus sur Being Boring ? Comme je ne suis pas le seul à avoir été touché par ce morceau, il se trouve qu'un fan, Marcin Wichary, a conçu en 2000 un site entièrement dévolu à cette chanson et destiné à célébrer le 10e anniversaire de sa parution. Oui, un site entier destiné à célébrer une unique chanson, c'est à ma connaissance un cas unique sur le web (si vous avez d'autres exemples, ça m'intéresse de les connaître). Ce site est une véritable encyclopédie sur le morceau, on peut même l'y écouter ainsi que divers remixes, et il se nomme fort justement 10 years of Being Boring.

À noter la magnifique vidéo en noir et blanc qui accompagne le morceau, et qui mérite également un coup de chapeau. Attention aux âmes sensibles, on y trouve des traces d'homo-érotisme, je me souviens qu'un collègue dont je tairai le nom - mais il se reconnaîtra - avait été choqué de l'apparition d'une paire de fesses masculines dans ladite vidéo. No comment...

Et pour poursuivre cette nuit, j'ai posé sur la platine un des très grands albums de ma discothèque, un monument musical, que je n'avais pas écouté depuis bien trop longtemps. Il s'agit de A Love Supreme, de John Coltrane. Un album qui nécessiterait également un billet approfondi, mais ce sera pour une autre fois. D'ici là, je vous conseille chaleureusement d'y pencher une oreille, si vous ne connaissez pas.