Le charmant refrain mentionné a donc ponctué une séquence récurrente des Guignols de l'Info de cette semaine, encadrant une séquence où la marionnette de notre président (le nouveau, pas l'ancien) fait une allocution depuis l'Élysée, son... yacht, qui porte le même nom que le palais présidentiel qui est la résidence du chef de l'État français.

Bon, alors l'ayant entendu une bonne demi-douzaine de fois lors de la compilation dominicale des marionnettes de Canal +, ce refrain m'est donc rentré dans la tête. Mais un refrain seul, moi, ça ne me suffit pas. Je veux l'œuvre entière, pas juste un morceau. Les quelques indices qu'on trouve dans l'extrait ne sont pas suffisants pour que je l'identifie : morceau de type euro-dance, chanté en en français... C'est bien vague, et je ne peux m'en contenter.

Cette exigence me mena donc à faire quelques recherches sur Internet dans l'après-midi. Et c'est là qu'on se rend compte de la puissance extraordinaire de ce réseau et des informations qu'on peut y trouver. Quelques mots clés bien placés dans un moteur de recherche bien connu, quelques informations recoupées, et j'avais la réponse.

Alors donc, le refrain mystère est extrait de ça :

Massimo Gargia - Ma Ce Ki ? Massimo
Massimo Gargia / Ma ce ki ? Massimo (2004)

Eh oui, le refrain utilisé par les Guignols est celui d'un morceau sorti en 2004 par l'ineffable Massimo Gargia, jet-setter de son état. Mine de rien, c'est quand même monté jusqu'à la 9e place des charts français à l'époque.

Mais ce n'est pas tout, car mes recherches m'ont appris que ce titre fabuleux est en fait une adaptation d'un tube bien plus énorme. Il s'agit de ça :

O-Zone - Dragostea Din Teï
O-Zone / Dragostea Din Teï (2004)

Massimo Gargia - ou son équipe de production, je suppose que vu le boulot nécessaire à l'élaboration d'un tel morceau il a juste servi de prête-nom à un producteur de dance - a donc adapté fort opportunément le morceau qui cartonnait dans toute l'Europe à ce moment-là : le Dragostea Din Teï du groupe moldave O-Zone, sorti la même année et chanté en roumain. Chez nous il est monté jusqu'à la première place des charts, où il s'est maintenu sans interruption pendant 15 semaines. Quand je pense qu'à mon époque (les années 80), le record de longévité à la première place était à 13 semaines et que ça paraissait déjà énorme... Et si on m'avait dit un jour qu'une chanson interprétée en roumain serait n°1...

Chose amusante, je n'ai retenu du morceau d'O-Zone que la partie vocoderisée, qu'on entend nettement en introduction d'ailleurs. J'avais totalement occulté le refrain repris par les Guignols, et qui est pourtant bien présent dans cette version originale. Il faut dire que j'ai très peu fréquenté ce titre à l'époque, parce qu'il faut bien l'avouer, je suis un peu déconnecté du marché des singles qui cartonnent auprès des ados. Il est pourtant pas mal du tout, finalement.

À propos de mes rapports avec la production actuelle, j'ai jeté un coup d'œil sur les charts français de ces dernières années, et je dois constater que je ne suis pas très familier avec les deux tiers de ce qui a été classé. Bah ce n'est pas grave, j'ai déjà largement de quoi m'occuper avec toute la musique de qualité qui occupe ma discothèque, sans compter celle qu'il me reste à découvrir. Il faudra d'ailleurs que je pense à en parler un peu plus, parce que le cinéma prend ici une place qui est loin de refléter l'équilibre de mes centres d'intérêt.

Quoi qu'il en soit, ce refrain entêtant m'aura permis de visiter un pan du paysage musical que j'avais jusqu'alors laissé dans l'ombre. Bon, je ne suis pas sûr que j'y passerai beaucoup de temps, mais c'était bien sympa de redécouvrir ça 3 ans après tout le monde.